Pedinielli : le géomètre de la révolte niçoise.
Par une après-midi de mars, à deux pas de la Promenade des Anglais, un homme continue de tordre le cou aux évidences. Gilbert Pedinielli, 87 ans, n’est
pas de ceux que l’on range dans les vitrines poussiéreuses de « l’École de Nice ». Trop rétif, trop politique, trop attaché à sa règle à calcul.
Gilbert Pedinielli est un enfant du pays qui déteste l’art « décoratif ». Né en 1939 sous le soleil azuréen, il a passé sa vie à construire des ponts entre la rigueur froide des mathématiques et la chaleur de l’engagement social. Son obsession ?
Le nombre d’or et la suite de Fibonacci. Là ou d’autres verraient une contrainte aride, lui y trouve une liberté totale.
Rigueur et humour : telle pourrait être sa devise.
De la scène à la toile
Avant d’être ce plasticien méticuleux expose au MAMAC ou au 109, l’homme a tâté des planches. En 1964, il cofonde le Théâtre Populaire de Nice. Il y fait tout : joue, met en scène, dessine les costumes. Mais la toile le rattrape. Dans les années 70, il fonde le groupe Calibre 33, un nom qui claque comme une provocation, pour secouer le ronronnement artistique local.
Un « Artiviste » de la ville
Mais ne vous y trompez pas : sous le géomètre se cache un « artiviste« . Ses Piques et Philippiques, armées de lances dressées contre les murs, rappellent les batailles d’Uccello autant que les luttes sociales. Pour lui, la ville n’est pas une carte postale pour touristes en quête de bleu Klein. « Je suis né à Nice, je vis à Nice, je mourrai à Nice« , répète-t-il à l’envi. Son exposition Vivons la ville ! présentée en 2024 au 109 a Nice, était une déclaration d’amour acide a sa cite, loin des stéréotypes, peuplée de souvenirs et de réflexions sur le monde tel qu’il va (ou ne va pas).
L’Art de l’implication
Sa technique est presque maniaque. Pedinielli ne peint pas seulement sur l’endroit de la toile : il la retourne, la repasse, fait migrer les pigments a travers la fibre. Le résultat est une peinture « impliquée », ou recto et verso fusionnent. Ses séries récentes, comme la suite M.K.P. (en hommage à Malevitch, Klee et… lui-même), transforment le support en un échiquier de valeurs chromatiques ou chaque trait est une décision politique – rappelant a qui veut l’entendre que l’art est avant tout une affaire de géométrie variable et de convictions tenaces. Elles sont exposées jusqu’au 28 mars 2026 à la Galerie Parville.
Un nouvel accrochage « Verso – Recto »
A cette occasion, Gilbert a osé un « rebondissement exceptionnel« , avec une explosion et l’inversion de l’accrochage, le 19 mars dernier. Fidele à son concept de peinture « impliquée », ou le verso compte autant que le recto, les œuvres ont changé de sens sous les yeux des visiteurs. Le double-face existe dans l’histoire de l’art comme une pratique secondaire : Van Gogh a notamment été contraint au réemploi de toiles par nécessité. Le verso est souvent utilisé comme un support technique ou un espace cache de signatures. Les faces peintes en recto-verso sont toutefois rares et n’ont, la plupart du temps, pas de lien entre elles. La série M.K.P. est inédite dans la logique d’interface que Pedinielli construit entre le recto et le verso d’une œuvre. Dès l’origine du processus créatif, il soumet les deux faces a la même rigueur de traitement et assure une continuité spatiale autour des formes et des couleurs. Il innove aussi avec une recherche de transparence dans les œuvres, faisant
dialoguer les faces apparemment opaques et opposées, en activant, dès le recto, la conductivité de la trame de la toile et en jouant sur la longueur de la couleur jusqu’au verso. L’intention de l’artiste et le résultat obtenu justifieraient de baptiser ce nouvel accrochage Verso-Recto.
Michel Sajn
Jusqu’au 28 mars 2026, Galerie Parvillé, 12, avenue Gallieni Nice. Rens: galerieparville.fr


Série M.K.P. Acte II

Rebondissement à la Galerie PARVILLE avec l’acte II de l’exposition de la Série M.K.P. de Gilbert
PEDINIELLI présentée jusqu’au 28 mars 2026, sous la forme d’un accrochage inversé. Les œuvres
pré-accrochées en première exposition dès le 26 février 2026 sont retournées pour se montrer sous
un autre jour.
L’artiste toujours en mouvement, a souhaité honorer le travail de l’artiste suprématiste russe Kasimir
Malevitch, en poursuivant son travail pour le déployer ailleurs : « J’ai voulu qu’une arrivée finale
puisse engendrer un recommencement ».
PEDINIELLI se présente en artiste géométrique au langage abstrait, avec une proposition inédite
d’œuvres double-face.
L’artiste nous montre une série très réfléchie en jouant avec 3 dimensions des œuvres recto-verso
: la surface, le fond, le support, partie intégrante de l’œuvre. Dans le résultat final, l’œil observe et
accommode : parfois la surface se confond avec le fond qui se confond avec le support…
Les œuvres se jouent de l’espace, autonomes, libres d’encadrements, libres de sens d’exposition
(4 côtés + recto verso), libres de contact avec leur environnement.
En effet, le double-face existe dans l’histoire de l’art telle une pratique secondaire. Van Gogh par
exemple, a été contraint au réemploi des toiles par nécessité. Le verso est souvent utilisé comme
un support technique ou un espace caché de signatures. Les faces peintes en recto-verso sont rares
et n’ont pas de lien entre elles la plupart du temps.
La série M.K.P. est inédite dans la logique interface que PEDINIELLI construit dans le recto verso
d’une œuvre. Dès l’origine du processus créatif, Il soumet les deux faces à la même rigueur de
traitement et assure une continuité spatiale, autour des formes et des couleurs.
PEDINIELLI innove aussi avec une recherche de transparence dans les œuvres faisant dialoguer
les faces apparemment opaques et opposées. L’artiste y parvient en activant dès le recto, la
conductivité de la trame de la toile et en jouant sur la longueur de la couleur jusqu’au verso.
La série M.K.P. de PEDINIELLI est unique dans son exposition radicalement construite sur ce
concept double-face. L’intention de l’artiste et le juste résultat obtenu justifierait de baptiser ce
nouvel accrochage « Verso-Recto ».
Plus prosaïquement, PEDINIELLI également issu de l’univers efficient du design est certainement
heureux d’offrir à l’acquisition de ceux qui seraient intéressés deux œuvres en une !
En marge de la danse visuelle chorégraphiée dans cette géométrie abstraite, l’impression de
simplicité et de stabilité qui se dégagent de l’œuvre, PEDINIELLI ouvre tout un champ de réflexion
au regardeur en articulant par exemple, le visible/le caché, l’unité/la dualité, l’action/l’interaction.
C’est un langage universel qui se partage à la GALERIE PARVILLE avec cet évènement. La série
M.K.P. de GILBERT PEDINIELLI nous fait du bien en proposant de l’harmonie en même temps que
de la diversité à notre espace physique et mental.
Lan Pham – Médiation d’exposition – Galerie Parvillé
Malevitch a ouvert la voie avec ses carrés colorés, véritables fondations de l’abstraction géométrique. Klee, quant à lui, a enrichi cette approche en intégrant le noir, le blanc et le gris dans une logique chromatique issue du prisme. En reprenant ces principes, la série M.K.P. s’appuie sur neuf teintes fondamentales : primaires, secondaires, couleurs chaudes, couleurs froides, gris, noir et blanc.
En combinant ces neuf teintes entre elles, on obtient 81 variations possibles. Et si l’on ajoute un seul paramètre supplémentaire, ce champ de possibilités s’étend à 6561 combinaisons. Cette démarche associe donc rigueur mathématique et recherche esthétique.
La réalisation des œuvres repose sur un processus minutieux : préparation de la toile, lavages successifs, tracés, couches de peinture appliquées et réappliquées. La couleur traverse la fibre du tissu, ce qui donne naissance à une œuvre double, visible et cohérente recto et verso, tout en conservant la pureté des teintes d’origine.
Cette série s’inscrit dans une volonté de prolonger l’histoire de l’art, en poursuivant une quête où la couleur, la forme et la méthode deviennent les véritables moteurs de création.













































LE JUGEMENT DE BEAUTE
Il existe un jugement puissant, le « jugement de beauté » porté par les pairs, ceux qui ont été confrontés aux difficultés artistiques et aux exigences, ceux qui ont le savoir, la compétence ou l’art de savoir travailler nécessaire pour aboutir à un travail de qualité.
Ils sont venus rendre hommage – ces artistes déjà exposés à la GALERIE PARVILLÉ – à la rigueur de l’œuvre et à la singularité de l’exécution de la série M.K.P. de Gilbert PEDINIELLI.
Gérard ALTO, Jacky ANANOU, Mélanie BOUILLAUD, René GALASSI, Jean Antoine HIERRO,Bastien SOLEIL, Nicolas MARINO DI TEANA, Maurice MAUBERT, la famille VERNASSA, ont partagé la proposition de la série M.K.P. saluant un art inédit, un « Art qui fait avancer l’Art ».
Sans oublier les grandes figures incontournables de l’histoire de l’art niçois qui nous ont honorés de leur présence,
Jean MAS, Max CHARVOLEN, Marcel ALOCCO, Noel DOLLA…
La Galerieest heureuse d’être un espace de confiance où les artistes croisent leur inspiration.
Nous remercions aussi tous les nombreux artistes visiteurs, certains venus de loin, prodigues de ce jugement de beau travail qui fait essentiellement progresser la création artistique.
L’exposition de Gilbert est prolongée jusqu’au 28 mars 2026. L’artiste est présent à la galerie les mardi, jeudi, samedi de 15h à 18h. venez rencontrer un être singulier !
