Claude Gilli
Claude GILLI exalte la côte d’Azur estivale pour extraire des essentiels silhouettés sur du bois puis de l’acier tels la crête arrondie des pins parasol, la forme ambivalente des cactées, le ciseau du bleu ciel-méditerranée, l’horizon sinueux de la plage, le galbe du sein de naïades, le port d’une muse à la fenêtre… « Mes sculptures sont toutes des fragments des paysages de ma jeunesse, (…). Elles sont les ombres, les silhouettes, des arbres de ces paysages ; une image qui symbolise ces lieux, comme une mémoire. »
Le peintre-sculpteur niçois (1938-2015) a fait rayonner l’esprit libre et inventif de l’Ecole de Nice, croisant Nouveau réalisme et Pop art en résonance artistique avec le réel, des objets dérisoires et des instants vrais, humains, de la vie de tout un chacun.

ŒUVRES













Son travail, à la fois pictural et sculptural, se caractérise par des couleurs vives et des formes ludiques souvent inspirées par la Méditerranée. Parmi ses séries les plus célèbres figurent les « Escargots« , les « Coulées« , les « Ex-voto » et les « Arbres de Gilli« .
Les œuvres de Claude Gilli sont présentes dans plusieurs collections publiques, notamment le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il a également exposé dans des institutions prestigieuses comme le Centre Pompidou à Paris et le MAMAC à Nice.
Dans le sillage de Martial Raysse, Gilli commencera à travailler au sein de l’Ecole de Nice dans les années soixante. Délaissant la peinture proprement dite pour des assemblages d’objets construits, il produit – à partir de 1961 – une longue série d’« Ex-voto », premiers travaux en bois découpés peints ; cette période marque l’engagement de l’artiste dans l’aventure de la création. L’année suivante, Gilli brûle pratiquement tout ce qu’il a réalisé auparavant, marquant sa volonté de fixer un véritable point de départ.
Arman, Ben et Raysse lui permettent de participer à sa première exposition parisienne (Galerie Henriette Legendre) ; il y fait la connaissance de Robert Malaval. Gilli, au début des années soixante, se lance dans la série des paysages en bois découpés. L’artiste s’engage avec frénésie dans l’utilisation de la couleur bleue que l’on retrouvera dans tous ses travaux. Il participe à plusieurs expositions à Nice avec Albert Chubac, Robert Malaval et Bernar Venet, et rencontre Jacques Matarasso qui deviendra l’un de ses principaux marchands.
Dès ses premières œuvres, une volonté de sortir du « cadre » du tableau s’exprime dans son art, volonté qui se retrouvera désormais tout au long de son œuvre. Dans un même esprit, Claude Gilli réalise les « Vitrines », découpant des volumes dans de minces planches de bois violemment colorées. En 1965, il expérimente également ses premières « Coulées » en bois découpé qui vont lui permettre de rencontrer le succès.
Des lettrages apparaissent dans les découpages de Claude Gilli en 1966, lettrages empruntés à l’univers de l’enseigne. Cette même année, sa première exposition personnelle est organisée à la Galerie Yvon Lambert.
En 1967, il participe à l’exposition « 12 Supers Réalistes » à Venise à la Galerie Del Leone ; il y fait la découverte des travaux du Pop Art américain (Lichtenstein, Warhol, Wesselman).
Gilli s’engage dans un travail en rupture avec sa première période de bois colorés et le travail sur les plexiglass transparents apparaît en 1968. De 1969 à 1971, Gilli expérimente le travail avec les « Escargots » dont il dit avoir fait la rencontre sur le marché du cours Saleya (Nice).
Il réalise alors des moulages, les escargots envahissant la surface du tableau, puis des aquarelles, par la nécessité des moyens imposés par les gastéropodes.
L’artiste s’installe à Paris en 1970. En 1981, une première rétrospective au Musée de Nice (Galerie des Ponchettes) fait découvrir pour la première fois l’ensemble de son oeuvre.
L’année 1985 verra apparaître les premières sculptures en acier de Claude Gilli ; dans des séries successives, l’artiste montre des paysages, des bas-reliefs en acier soudé peint. Il réalisera également une sculpture monumentale pour la ville de Nice.
Claude Gilli a co-fondé l’Ecole de Nice. Son nom peut également être associé à l’affirmation du Nouveau réalisme en France.
Claude Gilli est mort à Nice en 2015.






Ateliers





BIOGRAPHIE
Claude Gilli (Nice, 1938 – Nice, 2015) est un peintre, sculpteur et plasticien français,
figure majeure de l’École de Nice et acteur essentiel du pop art en France.
Issu d’une ancienne famille niçoise, il intègre dès 1955 l’École des Arts Décoratifs de Nice, où il se lie avec plusieurs artistes de sa génération, notamment Albert Chubac, Martial Raysse et Ben, avec lesquels il participe activement à l’effervescence artistique locale.
À la fin des années 1950, ses premières expositions à la Galerie de Longchamp marquent son entrée sur la scène artistique. Très tôt engagé dans une recherche expérimentale, il prend part aux grandes aventures collectives qui définissent l’École de Nice, aux côtés d’artistes tels qu’Arman, César, Farhi ou Bernar Venet.
En 1962, Claude Gilli accomplit un geste radical en détruisant une grande partie de ses œuvres antérieures, affirmant ainsi une volonté de renouveau esthétique. En 1966, après avoir reçu le Prix Lefranc, il participe à l’exposition 12 Super-Réalistes à Venise, où la découverte du pop art américain — notamment les œuvres de Lichtenstein, Warhol et Wesselmann — influence durablement son travail.
À partir de la fin des années 1960, son œuvre se diversifie : peintures sur bois et plexiglas, motifs récurrents d’escargots, coulées de matière, découpages et sculptures. Installé à Paris dans les années 1970, il expose régulièrement en France et à l’international et participe à de grandes expositions institutionnelles, notamment au Centre Georges Pompidou dans le cadre des manifestations consacrées à l’École de Nice.
Malgré une maladie dégénérative qui réduit progressivement sa mobilité, Claude Gilli poursuit une production intense dans les années 1980 et développe un important travail sculptural en acier découpé, réalisant également des œuvres monumentales présentées dans des centres d’art et des espaces publics.
Son travail a fait l’objet de nombreuses rétrospectives, notamment au MAMAC de Nice, au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux et à la Villa Tamaris. Il est nommé Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, en reconnaissance de sa contribution majeure à l’art contemporain.
Claude Gilli laisse une œuvre singulière et puissante, mêlant humour, engagement plastique et expérimentation formelle, qui continue de nourrir la réflexion autour du pop art et de l’École de Nice.
EXPOSITIONS
- Galerie Parvillé – Nice – Avril 2026
Rétrospective Claude Gilli – Château de Crémat, Nice – Octobre 2024 à janvier 2025
Pop Art : Les feux de l’amour – Galerie Loft, Paris – Février à mars 2018
À propos de Nice : 1947–1977 – Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC), Nice – 2017
Exposition collective École de Nice – Galerie Elie Art Galerie, Nice – 2015
Hommage à Claude Gilli – Galerie Loft, Paris – 2014
Exposition personnelle – Galerie Colette Colla, Nice – 2012
Collection FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur – Marseille – 2010
Exposition Pop Art et École de Nice – Musée d’Art Contemporain, Marseille – 2008
Exposition « Couleurs Méditerranéennes » – Galerie Azur, Nice – 2006
Exposition personnelle – Galerie des Arts, Cannes – 2004
Participation au Salon de la Jeune Peinture – Paris – 2002
Exposition « Art et Nature » – Château de Valrose, Nice – 2000
Exposition collective – Centre d’Art Contemporain, Menton – 1998
Exposition « Figures et Formes » – Galerie Saint-Pierre, Nice – 1996
Exposition personnelle – Galerie L’Atelier, Nice – 1994
Exposition collective École de Nice – Musée Masséna, Nice – 1992
Exposition « Sculptures et Peintures » – Galerie du Port, Marseille – 1990
Exposition personnelle – Galerie du Château, Antibes – 1988
Exposition collective Pop Art français – Musée d’Art Moderne, Paris – 1986
Exposition « Regards sur la Méditerranée » – Galerie des Arts, Nice – 1984
