Gilbert Pedinielli

Gilbert pedinielli

jusqu’au 28 mars 2026 à la Galerie Parvillé à Nice

Accrochage inversé !

Pedinielli : le géomètre de la révolte niçoise.

Par une après-midi de mars, à deux pas de la Promenade des Anglais, un homme continue de tordre le cou aux évidences. Gilbert Pedinielli, 87 ans, n’est pas de ceux que l’on range dans les vitrines poussiéreuses de « l’École de Nice ». Trop rétif, trop politique, trop attaché à sa règle à calcul. Gilbert Pedinielli est un enfant du pays qui déteste l’art « décoratif ». Né en 1939 sous le soleil azuréen, il a passé sa vie à construire des ponts entre la rigueur froide des mathématiques et la chaleur de l’engagement social. Son obsession ? Le nombre d’or et la suite de Fibonacci. Là ou d’autres verraient une contrainte aride, lui y trouve une liberté totale.

Cette seconde partie de la série M.K.P. s’inscrit dans la continuité d’une réflexion artistique inspirée par trois figures majeures : Malevitch, Klee et Pedinielli lui‑même. L’objectif est d’explorer la couleur, la géométrie et la structure en s’appuyant sur l’héritage de ces artistes, tout en y apportant une dimension personnelle.

Malevitch a ouvert la voie avec ses carrés colorés, véritables fondations de l’abstraction géométrique. Klee, quant à lui, a enrichi cette approche en intégrant le noir, le blanc et le gris dans une logique chromatique issue du prisme. En reprenant ces principes, la série M.K.P. s’appuie sur neuf teintes fondamentales : primaires, secondaires, couleurs chaudes, couleurs froides, gris, noir et blanc.

En combinant ces neuf teintes entre elles, on obtient 81 variations possibles. Et si l’on ajoute un seul paramètre supplémentaire, ce champ de possibilités s’étend à 6561 combinaisons. Cette démarche associe donc rigueur mathématique et recherche esthétique.

La réalisation des œuvres repose sur un processus minutieux : préparation de la toile, lavages successifs, tracés, couches de peinture appliquées et réappliquées. La couleur traverse la fibre du tissu, ce qui donne naissance à une œuvre double, visible et cohérente recto et verso, tout en conservant la pureté des teintes d’origine.

Cette série s’inscrit dans une volonté de prolonger l’histoire de l’art, en poursuivant une quête où la couleur, la forme et la méthode deviennent les véritables moteurs de création.