MARINO DI TEANA
ŒUVRES
BIOGRAPHIE
Francesco Marino est né en Italie en 1920, dans la province de Potenza, la Basilicata. Teana est alors un petit village médiéval, perché sur une montagne, où la vie n’a pas changé depuis des siècles. Dès l’âge de 5 ans, Francesco travaille dans les champs avec son grand-père, et il doit aussi garder les moutons dans la montagne, il est berger.
À cette époque, il n’y a quasiment pas d’école, les enfants ont un maitre, ils doivent apprendre les métiers. Ainsi, Francesco apprend à forger, repeindre les fresques des églises, faire de la maçonnerie.
À 16 ans, l’Italie s’allie avec l’Allemagne, et Francesco doit partir à l’armée. Mais son grand-père l’envoie en Argentine pour retrouver son père qui a abandonné sa famille quelques années plus tôt. Son frère est enrôlé dans l’armée et est envoyé quelques années plus tard en Russie où il mourra à Stalingrad.
À Buenos Aires, son père le reçoit froidement, et à condition qu’il travaille pour rapporter un salaire. Il pratique son métier de maçon dans des chantiers de construction. À 22 ans, il est chef de chantier et fait travailler des équipes de dix ouvriers sur des buildings. Il suit en parallèle des cours du soir en mécanique et polytechnique de l’école nationale Salguero et y obtient un diplôme en architecture.
Il présente le concours d’entrée de l’école des Beaux-Arts Ernesto de la Carcova. Il est reçu. Mais les cours se passent le jour, et à l’annonce de cette réussite, son père le met à la porte. Il est à la rue mais suit tous les cours et travaille le soir pour vivre.
Il obtient le diplôme « Premio Mitre », équivalent au Prix de Rome. Il reçoit le titre de professeur Supérieur, et une chaire à l’université lui est proposée. Mais il ne veut pas d’une carrière tracée et décide de retourner en Europe pour suivre sa propre voie.
En 1952, il passe par l’Espagne, où il retrouve son ami Jorge Oteiza, qu’il faisait travailler à Buenos Aires, au café Gijon de Madrid. Ils retravaillent ensemble sur des projets d’Oteiza.
En 1953, il s’installe à Paris, la ville des grandes manifestations artistiques. La vie est dure, il dort dans les jardins publics, notamment celui des Invalides à côté du musée Rodin, et va se réchauffer rue Bonaparte à l’École des Beaux-Arts. Il fait divers travaux artistiques et est engagé comme décorateur par Huguette Séjournet qui deviendra son épouse.
Celle-ci le pousse à aller présenter ses premières sculptures dans une petite galerie des Champs-Élysées. Recommandé par son ami Vasarely, il y présente des petites maquettes dans une boite à chaussures à Denise René, qui est conquise et lui organise plusieurs expositions personnelles ainsi que des tournées internationales de groupe avec Vasarely, Jesús-Rafael Soto, Le Parc, Sonia Delaunay, François Morellet, Carlos Cruz-Díez, Michel Seuphor, Richard Mortensen…Pour la petite histoire, c’est Sonia Delaunay qui achète sa première sculpture.
En 1962 lorsqu’il remporte le premier prix du concours Saint-Gobain, décerné par un jury composé de l’écrivain Michel Butor, l’architecte Robert Camelot, le critique d’art André Chastel, le sculpteur Alberto Giacometti, l’architecte Grégoire, le peintre Poliakoff, le professeur d’esthétique Étienne Souriau, le peintre et critique d’art Michel Seuphor, et le sculpteur Zadkine.
Marino di Teana est alors en relation avec tous les artistes de son époque : Agam, Jean Arp, Tinguely, Dubuffet, César, Luis Tomasello,
Il continue la sculpture et la peinture architecturales. Il développe sa théorie « tri-unitaire » où l’espace compte autant que la masse. » 1 + 1 = 3 « . Comme le dit Harry Belley du journal Le Monde à propos de Monumenta 2011 dans son analyse Reflets dans les sphères rouges d’Anish Kapoor2 : « c’est une des découvertes de la sculpture du xxe siècle depuis que Marino Di Teana a formulé sa théorie du « vide actif », Léviathan est l’occasion de se rappeler qu’une œuvre est structurée autant par ses vides que par ses pleins. »
À noter que Marino di Teana avait déjà été un précurseur de Monumenta au Grand Palais puisqu’il conçoit un ensemble de huit sculptures fontaine en verre Clarit Saint Gobain qui occupe toute la surface du Grand Palais. Des ingénieurs ont aidé à la réalisation mais aucun document d’archives n’a été retrouvé, à part un petit film3.
Di Teana a une formation d’ingénieur et d’architecte, qui se retrouve dans la construction de ses sculptures : Il imagine et voit ses sculptures comme des structures qui se transforme en architecture. La sculpture est monumentale, c’est un futur édifice, c’est même… une ville du futur. Il donnera pendant des années des cours d’architecture à Fontainebleau.
Ainsi, les sculptures monumentales sont créées d’abord en maquette, pensées par rapport à un environnement donné, et placées dans un espace qui met l’œuvre et l’espace en valeur.
Il réalise plus de 50 sculptures monumentales dont plusieurs mesurent dans les 15 mètres de hauteur (Montpellier, Orléans-Chevilly, Canjuers Var, ). Toutes les sculptures monumentales sont entièrement dessinées sur des plans et calculées par lui-même.
Marino di Teana participe au cours de sa carrière à de très nombreuses manifestations de groupe d’art contemporain en France et dans le monde.
Le patrimoine artistique de Di Teana est aussi constitué de nombreuses sculptures, dispersées chez des collectionneurs, mais aussi de maquettes, plans, documents écrits, reliefs, bronzes, bijoux, médailles, dessins, tableaux, mobiliers, projets architecturaux.
En 2006, à l’âge de 86 ans, il continuait de créer en réalisant la rosace et la porte en bronze de l’église Notre-Dame de Saint-Flour (Auvergne). En 2008, à la demande de la Région Basilicata, il réalise en collaboration avec son fils Nicolas Marino, quatre sculptures monumentales pour son village natal de Teana, et dessine les plans d’une fontaine de 24 mètres de hauteur intitulée Hommage à Horace.
Marino di Teana signe la porte en bronze de l’église Notre-Dame de Saint-Flour 2006.
Marino di Teana a réalisé d’immenses sculptures. Visionnaire, ces sculptures monumentales n’étaient que maquettes destinées à devenir des villes du futur. De nombreux plans les illustrent. Conçues à une époque où peu envisageait l’architecture comme lui.
Il nous laisse une œuvre artistique très complète, dispersée dans le monde. Fidèle à l’image de l’ « Uomo Universale » de la Renaissance, c’était un érudit qui avait une inextinguible soif de connaissances. Passionné d’histoire et d’histoire ancienne, la théologie, l’anatomie, les mathématiques, l’histoire de l’art et autres domaines n’avaient pas de secrets pour lui.
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